L'influence des biais cognitifs sur vos décisions d'investissement

L'influence des biais cognitifs sur vos décisions d'investissement

Vendredi, Mai 19, 2023

"Chacun de nous ne voit que ce qu'il veut voir, ne sait que ce qu'il a appris à reconnaître, et n'est pas capable de voir ce qu'il n'est pas préparé à voir." - Edward O. Wilson

Introduction 

Depuis l'aube de la civilisation, l'homme a cherché à comprendre et à maîtriser le monde qui l'entoure. Cela a conduit à des progrès impressionnants dans des domaines tels que la science, la technologie et l'économie. Cependant, malgré toutes ces avancées, un domaine reste mystérieux et souvent mal compris : notre propre esprit. En particulier, comment nos processus de pensée, souvent imparfaits et irrationnels, influencent nos décisions financières. C'est ici que les biais cognitifs entrent en jeu.

1 ) Comprendre les biais cognitifs

Les biais cognitifs sont des erreurs de jugement prévisibles qui se produisent lorsque nous traitons des informations. Ils sont le produit de notre cerveau qui essaie de simplifier l'information de notre environnement. Parfois, ces simplifications peuvent conduire à des erreurs de perception, de raisonnement et de décision, qui peuvent avoir des conséquences significatives, en particulier dans le domaine de l'investissement.

Par exemple, un investisseur peut accorder plus d'importance aux informations récentes (biais de récence) ou peut se montrer trop confiant dans ses prévisions (excès de confiance).

 2) Les biais cognitifs courants en investissement

Il existe de nombreux biais cognitifs qui peuvent affecter nos décisions d'investissement. Parmi eux, on trouve :

  1. L'excès de confiance : Nous avons tendance à surestimer notre capacité à prédire les mouvements du marché.
  2. L'ancrage : Nous nous attachons à certaines valeurs et avons du mal à nous adapter aux nouvelles informations.
  3. Le biais de confirmation : Nous privilégions les informations qui confirment nos croyances existantes et ignorons celles qui les contredisent.
  4. L'aversion à la perte : Nous ressentons plus de douleur à perdre un certain montant d'argent qu'à en gagner un montant équivalent.

3) Les conséquences des biais cognitifs en investissement

Les biais cognitifs peuvent nous amener à prendre des décisions d'investissement suboptimales. Par exemple, l'excès de confiance peut nous amener à prendre des risques excessifs, tandis que l'ancrage peut nous empêcher de vendre un investissement en perte parce que nous sommes attachés au prix que nous avons payé initialement.

4) Comment surmonter les biais cognitifs

Bien que nous ne puissions pas éliminer complètement les biais cognitifs, nous pouvons prendre des mesures pour minimiser leur impact sur nos décisions d'investissement. Par exemple, la diversification de votre portefeuille peut aider à atténuer l'impact de l'excès de confiance. De même, l'adoption d'une approche systématique d'investissement peut aider à éviter l'ancrage et l'effet de disposition.

5) Cas pratiques et études sur les biais cognitifs

Pour illustrer l'impact des biais cognitifs, prenons quelques exemples concrets. L'étude de Barber et Odean (2000) a démontré que les investisseurs individuels qui négociaient le plus (souffrant potentiellement d'excès de confiance) obtenaient des rendements nettement inférieurs à ceux du marché. De même, l'étude de Kahneman et Tversky (1979) a mis en évidence l'aversion à la perte, en démontrant que les individus préfèrent éviter les pertes plutôt que d'acquérir des gains de valeur équivalente.

Conclusion

Comprendre les biais cognitifs et la manière dont ils peuvent influencer nos décisions d'investissement est un pas essentiel vers une meilleure gestion de nos finances. En restant conscients de ces tendances psychologiques, nous pouvons travailler à minimiser leur impact, favorisant des décisions d'investissement plus éclairées et plus rentables. Comme dans bien des aspects de la vie, l'auto-réflexion et l'éducation sont des outils précieux dans la quête d'une meilleure prise de décision financière.

En fin de compte, il est important de se rappeler que nous sommes tous susceptibles à ces biais. Mais avec la connaissance, nous avons le pouvoir de reconnaître ces biais et de prendre des mesures pour en atténuer l'impact sur nos décisions financières. Comme l'a dit Benjamin Graham, le mentor de Warren Buffett : "L'investisseur individuel devrait agir de manière constante comme un investisseur et non comme un spéculateur." Cette sagesse reste d'actualité, quels que soient les biais cognitifs auxquels nous sommes confrontés.

Aller plus loin : La finance comportementale pour comprendre comment nos émotions affectent nos investissements.

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